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La laborieuse création du lycée de jeune filles

La classe de dessin du lycée de jeunes filles, [1904-1914]. Archives de Rennes, 100 Fi 4559.

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Document #63 - mars 2025

La classe de dessin du lycée de jeunes filles, [1904-1914]. Archives de Rennes, 100 Fi 4559.


Les premières écoles de filles à Rennes voient le jour à partir de 1878 (école de la Tour d’Auvergne suivie par l’école du boulevard de la Duchesse Anne). À cette époque, seules les congrégations religieuses (Le Vieux Cours et l'Immaculée conception) prennent en charge quelques jeunes filles désireuses de poursuivre des études au-delà de l'école primaire.
Suite à la loi relative à la création d'établissements destinés à l'enseignement secondaire de jeunes filles du 21 décembre 1880, un cours ouvert aux jeunes fille voit le jour au Palais universitaire de Rennes. Le soutien du recteur est acquis et l'expérimentation concluante : cinq élèves sur sept obtiennent leur Brevet élémentaire et trois sur six leur Brevet supérieur en 1882. La Commission municipale de l'instruction publique prévoit dès lors un programme de construction pour la scolarisation à Rennes : une école supérieure de jeunes filles, un groupe scolaire au faubourg de Brest, un groupe scolaire à Saint-Hélier et un lycée de jeunes filles.
Mais la municipalité, divisée sur cette question, tarde à prendre des décisions pour lancer le projet du lycée. Lors de la séance du conseil municipal du 15 juin 1888, Monsieur Pinloche s'exprime en faveur de l'enseignement féminin : "on ne saurait nier que ce besoin existe à Rennes et à un niveau élevé […]. Il rappelle le devoir "de la municipalité […] de donner à toutes les classes de la population, sans exception, toutes les facilités d'instruction qu'elles sont en droit de réclamer […]".
Malgré des conditions avantageuses proposées par le Ministre de l'instruction publique, la résistance de la municipalité Pinault reste forte et le recteur s'impatiente dans une lettre au maire de 1904 : "Ne craignez-vous pas que l'entêtement de Rennes à être la seule ville de France sans un enseignement régulier de jeunes filles et le refus paradoxal des conditions exceptionnellement avantageuses ne finissent par blesser ceux qui parlent au nom du ministère ?"
C'est finalement l'obstination de Mademoiselle Ory, nommée à la rentrée 1904, directrice des cours secondaires, qui va débloquer la situation. Elle décide en effet de profiter de l'application de l'expulsion des frères de Ploërmel du pensionnat du Thabor, 15 rue de Bel-air, pour louer les locaux, à compter du 14 août 1905, et y installer son logement et un internat. Elle a le soutien du ministre mais pas de la municipalité. Un pied dans la place, elle crée des cours d'ouvrage manuel et de coupe sans l'autorisation du maire, qui finit par céder. Le 25 juillet 1906, les cours secondaires cessent d'exister et sont transformés en lycée.
Jean Janvier, anticlérical fervent, devient maire en mai 1908. La ville se porte adjudicataire des biens d'église en vente, ce qui profite grandement à l'enseignement public. Il se porte ainsi acquéreur en septembre 1908 du Pensionnat du Thabor, au prix de 117 500 francs. L'installation du lycée de jeune fille de Rennes est enfin définitive !

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